Chronique : Le Montespan  de Jean Teulé

On le sait, Jean Teulé est un touche-à-tout de la culture : bande dessinée, télévision, cinéma et bien sûr littérature. Trublion, l’écrivain prend plaisir à naviguer entre les genres, sa plume truculente se penche cette fois-ci sur l’histoire. Après l’excellent ‘Magasin des suicides’ – conte postmoderne aussi surréaliste que drôle -, c’est dans un tout autre registre que Teulé s’essaie. ‘Le Montespan‘. Un nom pour le moins connu des amoureux du passé. Ce n’est pourtant pas cette fois-ci la célébrissime maîtresse de Louis XIV qui est présentée, mais son mari, homme dont l'”infortune” n’a eu d’égale que son opiniâtreté à conserver son honneur.

Il est souvent difficile de se lancer dans un récit historique sans tomber dans des travers romanesques dommageables à l’écriture. A l’inverse, le souci d’une précision excessive peut imposer un carcan qui nuirait au plaisir de lecture.

Dans cette “biographie”, le dosage est fin, et même si le curseur penche parfois trop d’un côté ou de l’autre, l’ensemble est homogène et harmonieux. Approche chronologique classique, l’écriture du ‘Montespan’ suit la vie atypique d’un personnage qui ne l’est pas moins. Truffé d’anecdotes aussi rocambolesques que croustillantes, le propos de Teulé peut sembler un peu forci, mais tout dans ce qu’il rapporte est avéré. Pourquoi inventer quand le réel est déjà aussi fantastique ?

Navigant entre véracité historique, expressions d’époques et plume très contemporaine au style sec, Jean Teulé livre un ouvrage assez singulier. On aurait apprécié néanmoins un tout petit plus de lissage entre les différents chapitres. Drôle, juste, authentique, ‘Le Montespan’ sera prisé, tant par les amateurs d’histoire moderne que par les néophytes qui trouveront là un angle original pour s’y immerger.

 

 

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