La possibilté d’une île, de Michel Houellebecq – SUITE

Ce que l’on peut dire, c’est que tout d’abord Houellebecq est talentueux et manie ses personnages comme s’il les télécommandait (après tout, ils lui ressemblent…). Il maîtrise parfaitement le passage d’un point de vue à l’autre. Même si ses passages lyriques pseudo-poétiques ne sont pas toujours réussis, la critique au vitriol, elle, est menée sur tous les fronts : l’égocentrisme de l’individu, la société qui recherche la beauté et le sexe, qui oublie ses vieux, référence à la dernière canicule en date, l’art qui se vend grâce à la violence et à la pornographie, et bien sûr, ceux qui font marcher ce bizness : le public…tout le monde y passe, y compris bien sûr le personnage lui-même, qui fait de l’autodérision.

Et doit-on y voir de l’autobiographie quand Daniel1 s’émerveille devant son chien Fox, le préférant parfois au rapport humain ? Doit-on encore y voir du domaine personnel quand l’auteur parle de la secte des Elohims, très proche de l’une d’entre elles, cette fois réelle, qui annonçait récemment avoir clôné un enfant ? De roman en roman, Michel Houellebecq crée son monde, sème le mystère, pour le plus grand bonheur de ses fans…et de ses détraqueurs !

Michel Houellebecq la possibilité d’une île roman fayard, 22 € 485pages, sept 2005

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