Omicron – Mikaël Hirsch

La littérature a-t-elle des vertus incantatoires ? est-elle capable d’influencer un individu lambda ? est-elle capable le pousser à commettre des actes qui – pulsions latentes – sans ce déclencheur insidieux – le livre – ne seraient restées que cauchemars, actes avortés, désirs morts-nés ? pire, un texte peut-il, potentiellement, devenir la clé de voûte d’un combat idéologique, à tendance terroriste ?

À l’heure où c’est à la télévision, aux jeux vidéos, aux films, aux séries en tous genres, que l’on fait un très sérieux procès d’intention de ce genre, Mickaël Hirsch, jeune auteur français et bloggeur averti, dans son premier roman, OMICRoN, paru chez Ramsay, dresse, avec humour et pas mal de virtuose, le portrait d’un jeune homme – a priori tout ce qu’il y a de plus banal – devenu, fortuitement, un auteur à succès, et dont le livre – nébuleuse jamais vraiment définie, dont quelques extraits nous sont fournis ; sorte de fantasme sans titre ni couverture – devient peu à peu le credo d’une bande d’enragés prêts à en découdre, et, dans le même élan, pousse un type à massacrer des clients qui l’importunent dans la file d’un supermarché.

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